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Racines & DignitéAdoptés de Roumanie

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Les archives diplomatiques françaises parlent enfin !

Après des années de refus, les Archives diplomatiques de Nantes m’ont communiqué des documents de 1982. Ils montrent des centaines de demandes d’adoption en Roumanie, un quota d’environ 40 départs par an, et un suivi français jusqu’à Belgrade.

Pendant des années, on m’a dit qu’il n’y avait rien. Ou que ce n’était pas consultable. Ou que le carton avait été retiré quelques jours avant ma venue en 2024.

Fiche d’extraction du carton 124PO/4/53
Centre des Archives diplomatiques de Nantes.Carton 124PO/4/53, « Adoptions : dossier », 1981-1983.
Documents extraits le 28 décembre 2023, 5 jours avant ma venue, au motif qu’ils n’étaient « pas encore librement communicables », délai de 50 ans.


En 2026, Nantes m’a pourtant envoyé des documents de 1982. Mon adoption y figure.


Ce que disent ces papiers


La Roumanie ne voulait pas donner ses enfants à l’étranger. Il y avait des centaines de demandes françaises. Très peu d’accords. Face à cela, la France a exercé une pression diplomatique.


464 demandes, 24 départs en 1981. Archives diplomatiques, 124PO/4/53.

464 demandes, 24 départs en 1981- Archives diplomatiques Nantes cote 124PO453


situation dossiers 1981


Tableau situation des dossiers d'adoption 31 décembre 1981-Archives diplomatiques Nantes cote 124PO453

Puis Paris a commencé à freiner les nouvelles demandes.

Mon dossier n’est pas un cas isolé. Il est dans les listes officielles de l’ambassade de France à Bucarest.


Un quota, déjà en 1982


Un objectif de 40 dossiers par an, déjà discuté entre Cheysson et Andrei.
Un objectif de 40 dossiers par an, déjà discuté entre Mr Cheysson et Mr Andrei-Archives diplomatiques Nantes cote 124PO453


Le 17 août 2026, les Archives m’ont aussi transmis le message du ministre français à son homologue roumain, daté du 14 janvier 1982.

Dans les pièces de 1982, le chiffre avancé est d’environ 40 adoptions par an.

Des centaines de demandes. Un flux restreint. Un chiffre fixé par la diplomatie.


La Yougoslavie aussi


Le Quai d’Orsay demande aussi un suivi à Belgrade.
Le Quai d’Orsay demande aussi un suivi à Belgrade-Flux des adoptions Yougoslavie- Archives diplomatiques Nantes cote 124PO453


Le Quai d’Orsay demande au poste de Belgrade de surveiller les demandes d’adoption.

Belgrade, c’était la Yougoslavie.

Dès 1976, l’ambassade de Yougoslavie à Paris attestait qu’un centre de Sanski Most était habilité à placer des enfants en vue d’adoption.


Attestation consulaire yougoslave, Paris, 21 décembre 1976, signée du consul général Jovan Kolašinac
Attestation consulaire yougoslave, Paris, 21 décembre 1976, signée du consul général Jovan Kolašinac-Ce document n'appartient pas aux Archives diplomatiques Nantes cote 124PO453- Publication Facebook @AnaPejić, 12 septembre 2026


Ce n’était donc pas seulement la Roumanie.

Le 3 juin 1982, le Quai d’Orsay envoie un télégramme à de nombreux postes diplomatiques.

Objet : « Adoption d’enfants étrangers par des ressortissants français. »Les destinataires ne sont pas seulement Bucarest. On y trouve aussi :Séoul, New Delhi, Bogota, Lima, Port-au-Prince, Jakarta, Santiago, Manille, Varsovie, Port-Louis, Lisbonne, Brasilia, San Salvador, Colombo, Quito, San José, Katmandou, Bangkok, Tananarive, Guatemala, La Paz, Athènes.Corée du Sud, Inde, Colombie, Pérou, Haïti, Indonésie, Chili, Philippines, Pologne, Maurice, Portugal, Brésil, Salvador, Sri Lanka, Équateur, Costa Rica, Népal, Thaïlande, Madagascar, Guatemala, Bolivie, Grèce.

La France surveillait déjà l’adoption internationale comme un phénomène mondial.


Télégramme du ministère des Relations extérieures, 3 juin 1982
Télégramme du ministère des Relations extérieures, 3 juin 1982-Archives diplomatiques Nantes cote 124PO453

Ce qu’on refuse encore

Le 17 août 2026, les Archives écrivent que les listes nominatives des adoptés ne peuvent pas être communiquées, ni les autres pièces « particulières ». Selon elles, aucun document ne mentionnerait d’associations de parents adoptants.

On communique un peu. On occulte beaucoup. On ferme le reste.


Pourquoi publier

Ces documents concernent des enfants devenus adultes. De nombreuses familles d’origine les cherchent encore, convaincues qu’on les leur a enlevés.

La vérité doit être connue. L’accès aux archives diplomatiques en fait partie.


Marion Le Roy

Porte parole Collectif Racines et Dignité


Dossier complet communiqué par les Archives diplomatiques de Nantes
Cote 124PO/4/53

https://drive.google.com/file/d/1cPNOe3NTdORvXR6er23bthjY8oBHsPnN/view?usp=sharing






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